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    à identifier, Maghreb · 1400–1500

    Sha'ar Kevod Hashem — copie A

    MS. Opp. 241 (= Neubauer 939, item 2)

    Identifié

    Notice codicologique

    Auteur
    Ephraïm Aln'kaoua
    Datation
    1400–1500 (siècle)
    Origine
    à identifier, Maghreb, Maghreb
    Langue(s)
    hébreu
    Écriture
    maghrébine
    Feuillets
    77 folios
    État éditorial
    Édition partielle disponible
    Catalogues anciens

    Catalogue Neubauer 1886 · 939,2

    Description

    Manuscrit séfarade copié en Afrique du Nord au XVIᵉ siècle (Sirat 1980), contenant deux œuvres en recueil :

    1. Sefer Pé’a de Moïse ben Samuel Ibn Tibbon (aux fol. 10r-54v) — seule copie connue au monde de ce traité philosophique
    2. Sha’ar Kevod Hashem d’Ephraïm Aln’kaoua (aux fol. 58r-78v) — l’un des deux principaux témoins bodléiens, et le seul exemplaire complet identifié pour cette œuvre

    L’unicité de la copie du Sefer Pé’a — un traité philosophique de Moïse ben Samuel Ibn Tibbon (XIIIᵉ s.) que Colette Sirat a étudié dans la Revue des Études Juives en 1979 — donne à ce manuscrit une importance qui dépasse largement la seule transmission Aln’kaoua : c’est un témoin majeur, à lui seul, d’une partie de la philosophie juive médiévale rationaliste.

    La cote actuelle MS. Opp. 241 correspond au n° 939 du catalogue Neubauer (item 2 pour la pièce Aln’kaoua). La concordance MS. Opp. 241 = Neubauer 939 a été confirmée par Judith Olszowy-Schlanger (EPHE, Paléographie hébraïque médiévale, 2000) et par Colette Sirat (La pensée philosophique d’Ephraïm al-Naqawa, DAAT n° 5, été 1980, qui désigne explicitement « Oxford, Bibliothèque bodléienne, Opp. 241 (Catalogue Neubauer 939), fol. 58-78 » comme la copie de référence).

    Le Sha’ar Kevod Hashem — « La Porte de la Gloire de Dieu » — est l’une des deux œuvres majeures d’Ephraïm Aln’kaoua (vers 1359-1442), fondateur de la communauté juive de Tlemcen après l’exode castillan de 1391. Le traité défend explicitement le Guide des égarés de Maïmonide contre les critiques de Naḥmanide — orientation rationaliste qui place Aln’kaoua dans la même tradition philosophique que les Duran d’Alger (Rashbatz, Rashbash).

    Contenu philosophique (selon Sirat 1980)

    Le traité se compose de deux parties :

    1. Première partie : défense de la lecture maïmonidienne d’Onqelos (paraphrase araméenne de la Bible). Aln’kaoua classe et réfute systématiquement les quatorze objections de Naḥmanide (ff. 21v-23v), démontrant que toutes les apparentes incohérences d’Onqelos s’expliquent par la sémantique de l’araméen et par le contexte.

    2. Seconde partie : défense de la théorie maïmonidienne de la prophétie comme phénomène intérieur — influx de l’Intellect Agent sur la faculté imaginative du prophète. Cette partie contient la célèbre anecdote autobiographique de Marrakech en 1393 (cauchemar du bras cassé, réveil sain), qu’Aln’kaoua invoque comme preuve expérimentale de la vérité de la thèse maïmonidienne.

    Sirat conclut : « Tel qu’il se révèle dans son œuvre, le Rav de Tlemcen était donc l’un de ces savants éclairés qui fondent leur conviction sur l’expérience et non sur une tradition incontrôlable. Il ne paraît pas qu’il ait eu une philosophie originale : il acceptait celle de Maïmonide, qu’il tenait pour vraie. »

    Chaîne de transmission

    Le manuscrit est entré à la Bodleian par la collection David Oppenheim (rabbin et bibliophile de Prague, 1664-1736), acquise en 1829 — soit quarante ans avant l’arrivée du Fonds Luzzatto (1869-1870). Il représente donc l’un des trois canaux d’acquisition indépendants par lesquels des manuscrits Aln’kaoua sont parvenus à Oxford : Huntington 1693 (MS. Hunt. 161 et MS. Hunt. 559), Oppenheim 1829 (ce manuscrit), Luzzatto 1869-1870 (aucun ms Aln’kaoua identifié à ce jour).

    Sa chaîne antérieure — de Tlemcen vers Prague — reste à documenter, mais s’inscrit probablement dans les réseaux d’échange entre les communautés séfarades méditerranéennes et l’Europe centrale au XVIIᵉ s.

    État éditorial — Livourne 1820 → Tunis 1902

    Le texte du Sha’ar Kevod Hashem a été imprimé pour la première fois à Livourne en 1820, probablement à l’initiative de descendants tlemcéniens.

    À la fin du XIXᵉ siècle, l’édition livournaise étant devenue rare, Rabbi Hayim Bliah (1832-1919), dayan de Tlemcen, entreprend de redonner accès à l’œuvre. Il envoie ses disciples R. Abraham ben Samon et R. Samuel Tsoultan consulter le grand bibliographe galicien Shlomo (Salomon) Buber (1827-1906, grand-père du philosophe Martin Buber), qui identifie le manuscrit à la Bodleian. Bliah obtient du responsable de la Bodleian une copie photographiquecar il n’était pas possible de la copier à la main »). L’édition paraît à Tunis en 1902, sous l’égide éditoriale de Shalom Bekache (1848-1927, voix majeure de la Haskalah maghrébine), enrichie d’un commentaire savant intitulé Petah ha-Sha’ar (« L’Ouverture de la porte »), rédigé par Bliah lui-même (selon Y. Bentura, Rapport d’étude, avril 2026 — la mention parallèle « édition Abraham Baliah » dans certaines sources renvoie soit au même rabbin sous orthographe variante, soit à un savant de la même famille tlemcénienne).

    C’est probablement ce manuscrit (Opp. 241, exemplaire complet) qui a servi de base à la copie photographique — plutôt que MS. Hunt. 559 dont la fin est manquante. La confirmation définitive viendra de l’examen direct de la préface de l’édition 1902.

    Une édition critique moderne reste à produire — c’est précisément le projet d’édition pilote du collectif MMJMM, qui mettra en regard ce témoin avec MS. Hunt. 559 (= Neubauer 1258,2), le MS. JTSA 969 (à documenter), et tout autre témoin identifié au fil de l’inventaire.

    Importance

    Cette copie est :

    1. Le seul exemplaire complet connu du Sha’ar Kevod Hashem d’Ephraïm Aln’kaoua ;
    2. L’unique témoin au monde du Sefer Pé’a de Moïse ben Samuel Ibn Tibbon (XIIIᵉ s.) ;
    3. La base de l’édition imprimée Tunis 1902 (Bliah / Bekache, Petah ha-Sha’ar) ;
    4. La base philologique du projet d’édition critique moderne porté par MMJMM (axe 3).

    Avec le MS. Hunt. 559 (autre témoin du Sha’ar Kevod) et les deux témoins du Menorat ha-Ma’or du père Israël Aln’kaoua (MS. Hunt. 161 et MS. Opp. 146), il forme le noyau de l’héritage écrit Aln’kaoua conservé à la Bodleian — quatre manuscrits, deux œuvres majeures, deux canaux d’acquisition (Huntington 1693, Oppenheim 1829), tous deux antérieurs au Fonds Luzzatto.

    Provenance

    1. Collection David Oppenheim (Prague, fin XVIIᵉ s.)

    2. Bodleian Library, depuis 1829 (acquisition de la collection Oppenheim)

    Bibliographie

    • Édition Livourne, 1820 (première édition imprimée).
    • Édition Abraham Baliah, Grand Rabbin de Tlemcen, 1902 — édition à partir de ce manuscrit.
    • Hirschberg, H. Z. — A History of the Jews in North Africa, 2 vol., Brill, 1974-1981.
    • Neubauer, Adolf. Catalogue of the Hebrew Manuscripts in the Bodleian Library. Vol. I, Clarendon Press, Oxford, 1886, n° 939, item 2 (concordance avec MS. Opp. 241).
    • Olszowy-Schlanger, Judith. Paléographie hébraïque médiévale. EPHE, 2000 — identification confirmée MS. Opp. 241 = Neubauer 939.

    Mots-clés

    • sha-ar-kevod-hashem
    • alnkaoua
    • tlemcen

    Notice mise à jour le 22 mai 2026. Cette notice est publiée par le Collectif GMPL sous licence CC BY-SA 4.0. L’image du manuscrit, lorsqu’elle est reproduite, reste la propriété de Bodleian Library.

    Contributions communautaires

    Notes, sources et corrections soumises par les membres et validées par l'équipe scientifique.

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