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    Shlomo (Salomon) Buber שלמה בובר

    1827–1906

    Lemberg (Lviv)

    Auteur canonique du corpus

    Notice

    Rôles
    • Bibliographe
    • Philologue
    Lieux d’activité
    Lemberg (Lviv)
    Floruit
    1827-1906 (Lemberg / Lviv)

    Vie

    Shlomo (Salomon) Buber (1827-1906), né et mort à Lemberg (aujourd’hui Lviv, Ukraine) dans une famille rabbinique galicienne, est l’un des plus grands bibliographes hébraïques du XIXᵉ siècle. Issu de la tradition rationaliste maïmonidienne (mitnaggdim de Galicie), il consacre sa vie à l’édition critique de midrashim médiévaux restés à l’état manuscrit dans les grandes bibliothèques européennes.

    Il est aussi le grand-père du philosophe Martin Buber (1878-1965), qui sera élevé à Lemberg par ses grands-parents après le divorce de ses parents.

    Œuvre — l’éditeur classique des midrashim

    Buber est l’éditeur de référence d’un nombre considérable de midrashim, principalement à partir de manuscrits qu’il identifie dans les grandes collections européennes (Vatican, Parme, Munich, Oxford, Florence) :

    • Pesikta de Rav Kahana (1868, Lyck) — édition princeps depuis les manuscrits.
    • Midrash Tehillim (Vilna, 1891).
    • Midrash Tanḥuma (Vilna, 1885).
    • Midrash Echa Rabba (Vilna, 1899).
    • Midrash Shmuel, Midrash Mishle, Midrash Aggada, etc.

    Sa méthode — collation systématique des témoins manuscrits, introduction historico-philologique, notes critiques, index — fait de ses éditions des références obligées dans la recherche rabbinique moderne.

    Sa connaissance encyclopédique des fonds manuscrits hébreux dispersés dans les bibliothèques européennes lui vaut une autorité bibliographique unique : on s’adresse à lui pour identifier la localisation de tel ou tel manuscrit, ce qui le situe au centre du réseau savant juif européen de la fin du XIXᵉ siècle.

    Rôle pour MMJMM — l’intermédiaire de l’édition Tunis 1902

    Le rôle de Shlomo Buber dans le corpus MMJMM est précisément celui d’identificateur bibliographique : à la fin du XIXᵉ siècle, le dayan de Tlemcen Hayim Bliah souhaitant rééditer le Sha’ar Kevod Hashem d’Ephraïm Aln’kaoua — œuvre devenue rare depuis sa première impression à Livourne en 1820 — envoie ses disciples R. Abraham ben Samon et R. Samuel Tsoultan consulter Buber à Lemberg.

    Selon le récit transmis par la réédition jérusalémite de 1986 (citée par Y. Bentura, Rapport d’étude, avril 2026) :

    « Rabbi Hayim Bliah envoya ses chers disciples, R. Abraham ben Samon et R. Samuel Tsoultan, consulter le grand chercheur Rabbi Shlomo Buber, qui connaissait les trésors de nombreuses bibliothèques dans le monde, pour qu’il leur indique si un manuscrit du Sha’ar Kevod Hashem du Rav al-Naqawa existait. La réponse fut que le Sha’ar Kevod Hashem se trouvait à la bibliothèque de la ville d’Oxford. »

    Buber identifie le manuscrit comme étant à la Bodleian Library d’Oxford — vraisemblablement MS. Opp. 241 (exemplaire complet de 77 feuillets), plutôt que MS. Hunt. 559 dont la fin est manquante. Sur la base de cette identification, Bliah obtient de la Bodleian une copie photographique du manuscrit, qui sert de base à l’édition Tunis 1902.

    Sans Buber, l’édition princeps moderne du Sha’ar Kevod Hashem n’aurait probablement pas eu lieu — ou aurait été retardée d’une génération.

    Importance pour MMJMM

    Shlomo Buber illustre concrètement le rôle des bibliographes européens de la fin du XIXᵉ siècle dans la transmission du corpus juif médiéval. Sans appartenir au monde maghrébin (il est galicien, ashkénaze), il en est, par sa fonction d’expert bibliographique, un acteur indirect majeur : c’est par lui que circule l’information sur la localisation des manuscrits, et donc que se déclenchent les éditions modernes.

    Sa trajectoire éclaire aussi la dimension transrégionale des réseaux savants juifs du XIXᵉ siècle : un dayan tlemcénien (Bliah) s’adresse à un bibliographe galicien (Buber) pour atteindre un manuscrit conservé à Oxford par un chapelain anglais (Huntington, 1693). C’est ce type de réseau que le projet MMJMM cherche à reconstituer pour l’ère numérique.

    Sources

    • Sefer Pesikta de Rav Kahana, éd. Salomon Buber, Lyck, 1868.
    • Midrash Tehillim, Midrash Tanḥuma, Midrash Echa Rabba — éditions Vilna, 1885-1899.
    • Réédition Jérusalem 1986 du Sha’ar Kevod Hashem — préface citant la lettre de Bliah.
    • Bentura, Yves, Rapport d’étude du manuscrit Sha’ar Kevod Hashem, avril 2026 (dossier interne GMPL, docs/encaoua-sources/).
    • Encyclopaedia Judaica, art. « Buber, Solomon ».
    • Wikipedia français/anglais, art. « Solomon Buber » et « Martin Buber » (consultés mai 2026).

    Œuvres et témoins manuscrits

    • Éditions critiques de midrashim médiévaux (Pesikta de Rav Kahana, Midrash Tehillim, Midrash Tanḥuma, etc.)

      Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.

    Contributions communautaires

    Notes, sources et corrections soumises par les membres et validées par l'équipe scientifique.

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