Lignée rabbinique
Cansino
Originaire de Oran, 1509-1669.
Parcours géographique
- Oran
- Livourne
Origine
La famille Cansino est, avec les Sasportas, l’une des deux principales lignées juives de Oran sous domination espagnole (1509-1669). Officiellement, vingt-huit familles étaient admises en permanence à résider dans le présidio — mais les chefs de la communauté présentaient les données de façon à n’exhiber qu’une trentaine de chefs de famille seulement, la communauté comptant en réalité un demi-millier de personnes à la fin du XVIᵉ siècle (J.-F. Schaub, Les Juifs du roi d’Espagne : Oran, 1509-1669, Hachette 1999, compte rendu par J.-P. Dedieu, RHMC 2000).
Cette tolérance exceptionnelle, dans un empire ibérique par ailleurs régi par l’Inquisition, tient aux services rendus comme interprètes, négociateurs commerciaux et intermédiaires diplomatiques avec les puissances musulmanes voisines.
Le monopole 1509-1639 et la rivalité avec les Sasportas
Pendant 130 ans, les Cansino monopolisent le poste officiel de traducteur auprès du gouverneur espagnol — et avec ce poste, la direction de la communauté qui lui est attachée. À partir de 1639, ce monopole est contesté par l’ascension de la famille Sasportas. La rivalité oppose les deux clans jusqu’à l’expulsion de 1669, et se joue selon les codes politiques espagnols de l’époque : mémoires au Conseil de la guerre, mécanismes de don/contre-don, conception patrimoniale de l’office (Schaub).
Compilateurs probables du Maḥzor d’Oran
L’attribution la plus probable, étayée par les analyses paléographiques récentes (Glasser / Merchan-Hamann), désigne un membre lettré des Cansino comme compilateur du Maḥzor d’Oran (cinq volumes aujourd’hui à la Bodleian, MS. Opp. Add. 4° 84-88) au XVIIᵉ siècle.
L’expulsion de 1669
En 1669, la régente Marie-Anne d’Autriche décrète l’expulsion de tous les juifs d’Oran au nom de son fils Charles II d’Espagne. Les Cansino, parmi d’autres, partent pour Livourne, port libre du grand-duché de Toscane qui accueille les juifs sépharades. Ils y reconstituent une communauté et y continuent — comme en témoigne le Maḥzor d’Oran lui-même — leur vie liturgique et culturelle.
Postérité
Les Cansino livournais s’intègrent à la communauté sépharade locale, importante et prospère. Leur trajectoire est emblématique du continuum Maghreb-Italie que le projet MMJMM s’efforce de documenter.
Liens dans le corpus
Manuscrits liés
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Recueil composite Cansino — piyyutim, lettres rabbiniques maghrébines, kabbale italienne
MS. Mich. 234
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Maḥzor d'Oran — Volume I
MS. Opp. Add. 4° 84
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Maḥzor d'Oran — Volume II
MS. Opp. Add. 4° 85
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Maḥzor d'Oran — Volume III
MS. Opp. Add. 4° 86
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Maḥzor d'Oran — Volume IV
MS. Opp. Add. 4° 87
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Maḥzor d'Oran — Volume V
MS. Opp. Add. 4° 88
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Correspondance diplomatique et rabbinique Cansino — Oran
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Communautés associées
Contributions communautaires
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