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    Lignée rabbinique

    Sasportas

    aussi orthographié : Saportas · Çasportas

    Originaire de Oran (présidio espagnol), XVIᵉ-XVIIᵉ s..

    Parcours géographique

    1. Oran
    2. Tlemcen
    3. Salé
    4. Amsterdam
    5. Londres
    6. Hambourg
    7. Livourne

    Origine

    La famille Sasportas — parfois orthographiée Saportas ou Çasportas — est, avec les Cansino, l’une des deux principales lignées juives reconnues du présidio espagnol d’Oran (1509-1669). Les Sasportas font partie des vingt-huit familles officiellement autorisées à résider sous domination espagnole, contribuant comme les Cansino à la fonction d’interprète et de passeur entre la garnison espagnole et l’environnement maghrébin (J.-F. Schaub, Les Juifs du roi d’Espagne : Oran, 1509-1669, Hachette 1999).

    L’ascension à partir de 1639

    Pendant 130 ans, les Cansino monopolisent le poste officiel de traducteur. À partir de 1639, la position des Cansino est contestée par l’ascension des Sasportas. La rivalité oppose ensuite les deux clans selon les codes politiques espagnols : mémoires au Conseil de la guerre, mécanismes de don / contre-don, conception patrimoniale de l’office (Schaub).

    La diaspora post-1669

    Après l’expulsion de 1669 décrétée par la régente Marie-Anne d’Autriche au nom de Charles II d’Espagne, les Sasportas se dispersent — comme les Cansino vers Livourne, mais aussi vers le Maroc atlantique (Salé), l’Empire ottoman et plusieurs villes d’Europe sépharade (Amsterdam, Londres, Hambourg, Livourne).

    La figure rabbinique la plus célèbre de la lignée à cette époque est Jacob Sasportas (1610-1698), né à Oran, qui devient successivement rabbin à Tlemcen, à Salé, puis dirige les communautés sépharades de Londres (1664), Amsterdam, et Hambourg. Il s’illustre comme l’un des opposants les plus déterminés au mouvement sabbataïen (faux-Messie Sabbataï Tsevi, 1665-1666), dont il dénonce la dangerosité dans son grand recueil Tsitsat Novel Tsevi (« Le bourgeon fané de Tsevi »).

    Importance pour le corpus MMJMM

    La lignée Sasportas matérialise plusieurs traits structurants du judaïsme maghrébin post-1391 :

    • L’enclave atypique d’Oran : une présence juive officielle dans le périmètre catholique ibérique, par la voie du service linguistique et diplomatique.
    • La circulation sépharade méditerranéenne : Oran → Maroc atlantique → Empire ottoman → Europe nord (Amsterdam, Hambourg, Londres). La trajectoire de Jacob Sasportas est emblématique de cette circulation.
    • La défense de l’orthodoxie rabbinique dans la crise sabbataïenne : Jacob Sasportas s’oppose aux dérives messianiques au moment même où le judaïsme oranais subit l’expulsion espagnole (1669).

    Sources

    • Schaub, Jean-Frédéric. Les Juifs du roi d’Espagne : Oran, 1509-1669. Paris, Hachette, 1999.
    • Dedieu, Jean-Pierre. Compte rendu, Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine 47-3 (2000), p. 622-624 — disponible via Sifriaténou et Persée.
    • Encyclopaedia Judaica, art. « Sasportas, Jacob ».
    • Sasportas, Jacob. Tsitsat Novel Tsevi, éd. Tishby, Jérusalem, 1954.

    Contributions communautaires

    Notes, sources et corrections soumises par les membres et validées par l'équipe scientifique.

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