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    Abraham ben Jacob Saba אברהם בן יעקב סבע

    1440–1508

    Zamora · Porto · Lisbonne · Fès · Tlemcen · Adrianople · Vérone

    Auteur canonique du corpus

    Notice

    Rôles
    • Rabbin
    • Kabbaliste
    • Philosophe
    Famille
    Saba (Sabba, Çaba…)
    Lieux d’activité
    Zamora · Porto · Lisbonne · Fès · Tlemcen · Adrianople · Vérone
    Floruit
    1440-1508

    Vie

    Né en 1440 à Zamora, en Castille, Abraham ben Jacob Saba est l’un des grands kabbalistes et commentateurs de la génération de l’expulsion. Disciple à Castille de Rabbi Isaac de Leon, il est rabbin reconnu de la communauté de Zamora lorsque survient le décret d’expulsion de 1492.

    Comme une partie importante de la judéité castillane, il choisit le Portugal voisin. La halte sera brève et tragique. En 1497, sous Manuel Iᵉʳ, le Portugal exige à son tour la conversion ou le départ. C’est à Porto que sa bibliothèque est pillée, puis à Lisbonne qu’il enterre lui-même, sous un olivier, six de ses œuvres autographes — l’« arbre des larmes » de la tradition Saba — qui ne seront jamais retrouvées. Deux de ses fils, séparés de lui de force, sont baptisés.

    À l’été 1498, il parvient à s’évader de Lisbonne. Il gagne Fès au Maroc, où il entreprend une œuvre de réécriture de mémoire : il refait, sans manuscrit, son commentaire kabbalistique du Pentateuque (Tzeror ha-Mor) et ses commentaires sur Esther et Ruth (Eshkol ha-Kofer). C’est l’une des pages les plus saisissantes de l’histoire intellectuelle juive : un homme qui reconstitue de tête une œuvre qu’il avait dû enterrer.

    Il poursuit son chemin vers Tlemcen au début du XVIᵉ siècle. C’est là qu’il rédige son traité sur les sefirot, le Perush Eser Sefirot. Il meurt en mer le 9 tichri 5269 (1508), à bord d’un bateau entre Adrianople (aujourd’hui Edirne) et l’Italie. Il est enterré au cimetière juif de Vérone.

    Œuvre

    Le Tzeror ha-Mor — « Le bouquet de myrrhe » — est un commentaire kabbalistique du Pentateuque qui combine pshat, midrash et lecture sodique. Imprimé pour la première fois à Venise chez Daniel Bomberg en 1522, soit quatorze ans après la mort de l’auteur, il connaîtra une diffusion considérable et reste un classique de l’exégèse séfarade.

    L’Eshkol ha-Kofer — « La grappe de henné » — rassemble deux commentaires sur Esther et Ruth, deux livres particulièrement signifiants dans le contexte d’exil et de conversion forcée que Saba a traversé personnellement.

    Le Perush Eser Sefirot, écrit à Tlemcen, est l’un des textes de kabbale spéculative produits dans le sillage de l’expulsion et de l’arrivée des sépharades au Maghreb.

    Postérité familiale

    Abraham Saba est, par son premier mariage avec la fille d’Isaac Saba, le beau-père de Joseph Karo (1488-1575) — l’auteur du Shulḥan Arukh. Cette alliance fait de la lignée Saba l’une des charnières discrètes mais décisives entre le judaïsme séfarade pré-1492 et la grande codification halakhique séfarade du XVIᵉ siècle.

    Témoins manuscrits et éditions modernes

    L’identification systématique des témoins manuscrits Saba est l’un des chantiers ouverts du projet MMJMM. À ce jour :

    • Tzeror ha-Mor — édition princeps Venise (Daniel Bomberg) 1522, multiples réimpressions depuis. Manuscrits anciens à recenser systématiquement (Bodleian, JTS, BL, NLI Jérusalem, Parma).
    • Tzeror ha-Hayyim + Introduction aux Sefirot — édition Betzalel Wicholder, Bnei Brak, 2015 (à partir de témoins manuscrits identifiés par l’éditeur, à préciser).
    • Eshkol ha-Kofer — fragments (Ecclésiaste, Lamentations, Cantique) publiés par Wicholder, Bnei Brak, 2012.
    • Tzeror ha-Kesef — référencé dans la Monatsschrift 1853, pp. 246-247, et dans le Catalogue de Leyde, pp. 94, 96. Localisation actuelle à reconfirmer auprès de la Bibliothèque universitaire de Leyde.
    • Commentaire sur le Livre de Job — manuscrit présent dans la bibliothèque d’Adolf Jellinek (Vienne, XIXᵉ s.), perdu après dispersion.
    • Référencé par Steinschneider, Catalogus Librorum Hebraeorum in Bibliotheca Bodleiana, n° 4301 (à recouper).

    Sources

    • Jewish Encyclopedia (1906), art. « Saba, Abraham ben Jacob ».
    • Wikipédia anglophone, art. « Abraham Saba ».
    • Tzeror ha-Mor, éd. princeps, Venise, Daniel Bomberg, 1522.
    • Gross, Abraham. Iberian Jewry from Twilight to Dawn: The World of Rabbi Abraham Saba. Brill, 1995 (monographie de référence).
    • gmpl26.org, section « La rencontre Saba / Aln’kaoua à Tlemcen » (mars 2026) — chronologie, sort des manuscrits, lien Karo.
    • Hirschberg, H. Z. A History of the Jews in North Africa, Brill, 1974-1981.
    • Michael, Or ha-Ḥayyim, n° 199.
    • Tradition familiale Saba (à recouper systématiquement).

    Œuvres et témoins manuscrits

    • Tzeror ha-Mor (commentaire kabbalistique du Pentateuque) — réécrit de mémoire à Fès, impr. Venise, Bomberg, 1522

      Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.

    • Eshkol ha-Kofer (commentaires sur Ruth et Esther) — réécrit de mémoire à Fès ; fragments sur Ecclésiaste, Lamentations et Cantique publiés par B. Wicholder, Bnei Brak 2012

      Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.

    • Tzeror ha-Hayyim (commentaire sur le Cantique des Cantiques + traité Berakot) — manuscrit perdu au Portugal ; publié par B. Wicholder, Bnei Brak 2015

      Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.

    • Perush Eser Sefirot / Introduction aux Sefirot (Tlemcen, début XVIᵉ s.) — publié par B. Wicholder dans Tzeror ha-Hayyim (Bnei Brak 2015)

      Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.

    • Tzeror ha-Kesef (décisions légales) — référencé Monatsschrift 1853 pp. 246-247 ; Catalogue de Leyde pp. 94, 96

      Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.

    • Commentaire sur le Livre de Job (perdu) — ex-bibliothèque Jellinek (Vienne, XIXᵉ s.)

    • Commentaire sur Pirkei Avot (mentionné par Saba lui-même dans son commentaire sur la Genèse, pp. 3 et 5)

      Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.

    Contributions communautaires

    Notes, sources et corrections soumises par les membres et validées par l'équipe scientifique.

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